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Laurie Daniel

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- Soutien & accompagnement de la grossesse et du post partum Auxiliaire de puériculture

Crédits photos : Marion Leuger, Oumayma El Amrani, Sara Chekhi, Laurie Daniel - tous droits réservés

Placenta

Faut-il le manger ?

Depuis plusieurs années, un phénomène étrange fait du placenta le nouveau plat gastronomique de la jeune mère et parfois de son entourage… phénomène de mode ou réel bénéfice ?

Les intérêts de cette pratique n’ont jamais réellement été étudiés sérieusement.

Le Dr Mark Kristal, neurologue comportementaliste de l'Université de Buffalo, a conclu de ses études que la consommation des résidus de naissance (placenta et cordon) réduit la douleur consécutive à l'accouchement, et aiderait à prévenir la dépression post-natale. Elle aurait aussi un impact sur deux centres particuliers du cerveau qui commandent la capacité à ressentir l'instinct maternel. Ceci serait notamment dû à une hormone opioïde (proche des opiacées) découverte en 1986 et dite « Placental Opioid-Enhancing Factor » ou POEF. Cette hormone joue un rôle important lors du travail pour aider le fœtus à supporter les contractions.

Ce qui peut convaincre certaines femmes d’avoir recours à la placentophagie c’est le fait que « tous » les mammifères sont placentophages…enfin, tous ? A-t-on étudiés toutes les naissances de toutes les variétés de mammifères… ?

Les animaux ont plusieurs raisons de manger leur placenta : la première étant pour se préserver d’un éventuel prédateur attiré par l’odeur du sang ou du placenta…d’ailleurs j’ouvre une parenthèse, on peut voir à quel point la plupart des mammifères lèchent énergiquement le liquide amniotique ainsi que leur bébé à la naissance (et parfois même l’endroit ou elles ont mis bas), les humains ne le font pas non plus…serait-ce une raison pour commencer à le faire ? J’imagine mal une femme se mettre à lécher sa vulve, son bébé, puis l’emplacement ou elle a accouché !  En réalité non car nous avons d’autres particularités, le toucher, les regards, la communication non verbale et verbale… gardons à l’esprit que nous sommes des mammifères HUMAINS !

Les mammifères mangent leur placenta pour le côté pratique…après une naissance il faut se requinquer…et avouons-le aller paître ou chasser quand on vient de mettre bas n’est pas l’idéal…il faudrait laisser bébé à la merci d’éventuels prédateurs et par-dessus tout aller dépenser une énergie considérable quand tout simplement ce n’est pas le moment…alors oui le placenta c’est un peu le plat tout prêt servi sur un plateau ! Pour les humains, cela est autre chose..la femme n’a qu’à demander, elle est servie !

Ce que l’on peut également souligner c’est que les animaux mangent leur placenta immédiatement ou très rapidement après la délivrance, le placenta n’a généralement pas subi de transformation en étant cuit, cuisiné ou placé au frigo ou congélateur…euh je crois que rares sont les mères humaines à avoir dévoré leur placenta cru immédiatement après l’expulsion ? ! Selon certaines études, ce serait pourtant la seule conditions pour que la placentophagie soit bénéfique !

Et puis, plus simplement, posons-nous la question…est-ce un comportement inné, instinctif de la race humaine ? Aurions-nous pensé à le faire ? Avons-nous envie de le faire ? En dehors de tout phénomène de mode !

Quoi qu’il en soit, le mammifère humain n’a jamais été réellement placentophage, en effet,  cette pratique n’apparaît nullement dans les rapports ethnographiques des sociétés préhistoriques, historiques et moderne,

 

Dans les 300 dernières années, seule une très petite minorité d'humains modernes consomme le placenta humain, révèlent la plupart des études anthropologiques.

Dans certaines cultures, on condamne même fortement la placentophagie, ce qui indiquerait qu'elle n’est pratiquée qu’à l'occasion. La majorité des cultures brûle ou enterre le placenta.

Le placenta représente un symbole fort, il appartient au bébé, c’est un organe éphémère, le compagnon et le gardien de celui-ci durant ces 9 mois. Certaines cultures le considèrent même comme le jumeau  de l’enfant et en prennent grand soin.

D’ailleurs il n’est pas difficile d’observer que très souvent un bébé dont on coupe le cordon se met à pleurer… peut-on penser à une simple coïncidence ? Serait-ce là le signe que le bébé est fort lié à ce placenta avec qui il partage tout ?

 Il y aurait sans doute des raisons à ce que l’humain ne consomme pas son placenta…

La première raison qui peut nous venir à l’esprit est que le placenta est un filtre qui protège le bébé contre les substances nocives, et que donc, par conséquent ces substances retenues dans le placenta…mieux vaux ne pas les ingurgiter !! Selon de récentes études celui-ci contiendrait des métaux lourds, tels que le mercure ou le plomb…pas très appétissant !

La deuxième est que (comme je l’ai déjà mentionné plus haut) la femme ne mange pas son placenta de façon instinctive…donc on pourrait en conclure que c’est un rite, une mode, qui ne correspond pas de nature au genre humain et donc qui est potentiellement en quelque sorte une façon d’interférer dans le processus naturel de la naissance….et si on laissait simplement faire la nature ? Laisser ce cordon se dessécher, tomber, séparant naturellement et en douceur l’enfant de son ami…oui cela est possible…il suffit de laisser faire les choses…difficile à imaginer dans nos cultures ou l’on s’empresse de couper le cordon en moins d’une minute !

Qu’est ce qu’un bébé lotus ?

Un bébé lotus est un bébé dont le cordon n’a pas été coupé et qui tombera naturellement, le bébé reste donc attaché à son placenta pendant quelques jours ! Il tient son nom d’une petite fille californienne prénommée Lotus, dont les parents avaient laissé le cordon et le placenta intacte, mais est originaire d’une pratique ancestrale remis au goût du jour.

Cette pratique reste rare et considérée extrême, elle n’aurait apparemment aucun bénéfices (aucune études réalisées à ce sujet) en revanche cela pourrait s’avérer assez contraignant : garder le placenta frais pour éviter les infections en y mettant du gros sel, et devoir déplacer son bébé avec son placenta, notamment pour les mises au sein, le change… cela est potentiellement une préoccupation pour la jeune mère qui ne devrait pas se détourner de son centre d’intérêt principal : son bébé.

Alors j’ai envie de dire, pourquoi ne pas trancher la poire en deux et se dire qu’on peut laisser le cordon, prendre son temps, puis le couper lorsqu’on se sent l’envie, le besoin ou simplement le moment ? Sans aucune pression, sans aucune obligation ?

Derrière ce geste on peut également s’interroger sur toute une symbolique et sur son importance…