• Laurie

L'accouchement intense d'Amina

Je vous partage le récit de mon accouchement à Tanger. Il s'agit de mon 2ème accouchement.

Mon 1er accouchement a eu lieu en France par voie basse sans péridurale. Le travail à la maison

J'étais à la maison comme d'habitude. C'était l'heure de la sieste de ma fille et je décidais moi aussi de me reposer un peu. Il était environ 15h de l'après-midi quand je sentis les premières contractions.

En m'allongeant je ressentis des douleurs qui revenaient toutes les 15 minutes environ. Finalement je n'ai pas pu faire une sieste complète. Je décidais de prévenir mon mari qui était au travail, mais pas d'urgence il y a encore le temps.




A 18h, les contractions se déroulaient toutes les 10 minutes. Je faisais des exercices de respiration que ma sage-femme de la 1ère grossesse m'avait conseillé. J'arrivais ainsi à gérer la douleur.

J'ai même pu prendre le repas du soir en famille. Mon mari en me voyant semblait inquiet, il souhaitait que nous partions pour la maternité au plus vite ! Je le rassurais en lui disant qu'il y à encore le temps ! Tranquille !

Top Chef vs la clinique : le dilemme !

Au fond de moi je me disais que ça n'était pas pour tout de suite. Puis, je voulais absolument regarder le replay de Top Chef, alors tout de suite après le repas je commencais à regarder mon émission ! Hop je m'assoies sur le ballon, je prends mon déssert et je lance Top Chef ! Entre 20h, 21h, les contractions revenaient toutes les 5 minutes. Si je me fiais à mon instinct et mon expérience (du premier accouchement) je pense que le travail était bien avancé. Il fallait surement ne plus trop tarder. Mais voilà j'avais un dilemme... je n'avais pas fini de regarder le replay de top chef... Que faire ? Mettre pause et poursuivre le visionnage un autre jour ? Ou bien regarder jusqu'à la fin ? C'est en faisant mes ablutions pour faire la prière que je me suis dit que je ne devais pas abuser ! J'ai vraiment eu l'impression que la tête du bébé était en bas ! Du coup je décidais de prier, de mettre pause à Top Chef !!! Puis nous nous préparames pour la clinique ! 15 minutes plus tard, 3 étages plus bas et un bisou à ma fille et à mamie plus tard, nous étions dans la voiture direction la clinique. Il était 22h

Ici au Maroc, il n'y a pas de système de réservation de chambre comme on le connait en France. Cela m'a paru abérant en l'apprenant, mais bon que faire... à part accepter !

Du coup, il n'y avait aucune garantie sur le fait que la clinique que j'ai choisi aurait une chambre disponible pour m'accueillir !

La clinique à Tanger Nous sommes arrivés à la clinique à 22h30. Il y avait une personne à l'accueil qui nous a indiqué de descendre voir la sage-femme. Les contractions étaient très rapprochées, j'avais du mal à me déplacer. Il n'y avait personne. Nous pouvions appercevoir la salle d'accouchement... il y avait des taches de sang et du liquide visqueux par terre... hhh Disons que nous n'avons rien vu. Une sage-femme arrive enfin.

Elle dit à mon mari de rester à l'extérieur. Sur le coup je ne dis rien mais je regrette car c'est justement ce que je ne voulais pas. Après le contrôle elle me dit que je suis à 3 d'ouverture et que je vais aller dans une chambre pour continuer le travail. Dans la chambre je continue à accueillir les contractions. J'ai mon ballon et je fais des mouvements comme je peux. Je demande à mon mari de me soutenir. Je crie car j'ai mal. Mais au fond de moi je pense à un verset du Coran que j'avais lu récemment : « Et met ta confiance dans le Vivant » - sourate Al Forqane verset n°59 .

Je n'arretai pas de répeter ce verset ! Je gardais mon objectif en tête : accoucher le plus simplement possible et accueillir mon bébé Au bout d'un certains temps, la sage-femme repasse. Elle effectue un nouveau contrôle et elle me dit qu'il faut aller en salle de travail. J'ai du mal à marcher je longe le mur pour réussir à ne pas tomber. Dans la salle d'accouchement je m'installe sur le lit médicalisé qui ressemble plus à une chaise qu'un lit. En fait, avec du recul, je me rends compte que j'étais en position semi-assise. Je n'étais pas allongée... mais passons. Je mets les pieds aux étriers et c'est parti pour une petite ballade ! La sage femme me dit de pousser ! Je pousse, je pousse et je vois qu'elle continue à me dire de pousser. On dirait qu'elle est à la limite de s'énerver. Je ne sais plus comment faire ! Je panique ! Je souffle ! Je crie ! Mon mari me soutien et dans ma tête je me dis qu'il y à un truc qui cloche... Je reprends mes esprits lors d'un moment de pause entre deux contractions. Et je me rappelle : « Pousser = faire comme si je fais caca ! (désolé pour l'image) » Ouah ! C'est la révélation ! A partir de ce moment, je pousse, je pousse ! Et là j'entends la sage-femme me dire de continuer ! Les ventouses ou la dernière poussée A ce moment, la gynécologue qui m'a suivi pendant la grossesse arrive. Nous l'avions contacté pour la prévenir du début de travail. En la voyant j'ai l'impression que c'est terminé, que je peux partir... du coup je me relâche. Mais non, pas le droit de me reposer maintenant, la gynécologue et la sage-femme me disent de pousser encore, encore et encore ! Oh purée qu'est ce que j'ai mal !!!! Je n'en peux plus ! Je fais des mouvements bizarres avec mon corps, comme si j'essaye de m'échapper !

Au point que la sage-femme est obligé de me tenir ! Je crie je pleure... La gynécologue me dit que si je ne pousse pas encore il faudra faire les ventouses ! Olala quand elle me dit ca je met tout ce que je peux, je pousse à fond. J'ai hyper mal, Je pousse Je pousse. Le voilà, je sens qu'il arrive... La gynécologue attrape mon bébé, il est là. Hamdulillah !


Tout le monde semble contents. Moi je n'en peux plus. Mon bébé est mis sur mon ventre en peau à peau. Je tremble, je ne sens plus le bas de mon corps.

El hamdulillah le bébé est en bonne santé et j'ai pu accoucher par voie basse sans péridurale.

Un retour rapide en famille et la fin de Top chef ;)

J'ai passé la nuit à la clinique et je suis sortie le lendemain de l'accouchement. Ici, il n'y à pas d'obligations de rester 3 jours à la clinique.

Je n'ai pas souhaité rester plus longtemps pour deux raisons : la première c'est que je souhaitais retourner en famille pour être près de ma fille, la deuxième c'est que j'ai eu des douleurs dans la nuit et personne de l'équipe médicale n'est passé pour voir mon état. J'ai du demander à mon mari d'aller chercher quelqu'un pour qu'on me donne un anti douleur !

J'ai estimé que les soins médicaux qu'ont pouvait m'apporter ne méritaient pas de rester. Du coup le lendemain matin à 10h, après la visite de la gynécologue et du pédiatre nous sommes partis.


El hamdulillah, je suis heureuse de cette expérience d'accouchement au Maroc. C'était un peu un challenge et Allah m'a facilité. J'ai pu accoucher par voie basse sans péridurale mais ceci est loin d'être l'image d'un accouchement naturel idéal. Dans un pays où les césariennes sont répandues et le niveau de soin médical est loin de nos standards français je pense que j'ai vécu le meilleur scénario imaginable.


El hamdulillah je remercie mon Créateur pour cette expérience et pour avoir donné la vie à mon bébé dans de bonnes conditions.

Ps : j'ai pu regarder la fin de Top Chef le lendemain de l'accouchement !

Laurie Daniel

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Crédits photos : Marion Leuger, Oumayma El Amrani, Sara Chekhi, Laurie Daniel - tous droits réservés