• Laurie

Quelle place pour le père lors de l’accouchement et auprès du nouveau-né ?


Il est certain que l’arrivée d’un enfant est un évènement tout aussi bouleversant et important dans la vie d’un homme, mais quelle est sa place lors de ce moment précieux ?

Contexte social

La grossesse, l’accouchement et la maternité ont longtemps été considérés comme une affaire exclusivement féminine. C’est d’ailleurs encore le cas dans de nombreuses sociétés à travers le monde, à contrario d’autres sociétés accordentau père une place primordiale et centrale au cœur de cette aventure.

Cette nouvelle fonction paternelle n’était pourtant pas existante il y a encore une cinquantaine d’années, même dans les pays occidentaux, lorsque les femmes accouchaient principalement de façon traditionnelle.L’émergence des accouchements médicalisés et l’éloignement familial ont favorisés la place de l’homme entant qu’accompagnant puis entant que père.

Les avancées médicales telles que l’échographie, mais aussi l’accès facile à l’information contribuent grandement à l’implication et l’intérêt des futurs pères dans l’accueil de leur enfant. Encouragées par l’idée féministe du partage des tâches, les femmes attendent de plus en plus d’investissement de la part de leur conjoint.

Dans certains pays, on peut constater un véritable engouement des futurs pères qui s’investissent tant dans la préparation à la naissance que dans l’accouchement et les soins du nouveau-né (portage, massages, peau à peau, bain…). Certaines préparations à la naissanceincluent le père entant que tel et lui permettent même de nouer un lien particulier avec son futur bébé comme c’est le cas de l’haptonomie (pratique qui consiste à entrer en relation par le toucher affectif avec le fœtus au travers du ventre de la femme).

Aujourd’hui au Maroc si le père est de plus en plus impliqué dans cet évènement, il n’a pourtant pas encore sa véritable place à part entière lors de cette étape.

Si certaines cliniques privées acceptent sa présence lors des accouchements, cela est loin d’être le cas dans les hôpitaux publics où le père est encore très souvent tenu à l’écart.

Par ailleurs, tous les hommes ne sont pas prêts pour autant à vivre cet évènement et certains préfèreront garder leur distance. Traditionnellement au Maroc le futur père est absent de la naissance et de ce qui l’entoure, cette distance est encore très ancrée dans les mentalités. D’autant plus que les hommes des générations précédentes n’étaient pas impliqués dans cette histoire de femmes. Représentant la force et l’autorité leur rôle apparaissait bien plus tard dans la vie de leur enfant. Dépourvus de modèle, les pères actuels découvrent cette nouvelle fonction !

La grossesse de l’homme et la naissance d’un père.

Si l’homme ne vit pas la grossesse et ses transformations physiques et hormonales,(bien que des études aient démontrées des modifications hormonales chez les hommes vivant auprès d’une femme enceinte !)en revanche il vit des étapes psychiques qui le mèneront au statut de père. Pour lui tout se joue intérieurement, il ne fait pas corps avec l’enfant mais il voit sa femme s’arrondir et vivre une expérience qui lui est inconnue ! Chaque homme à sa façon propre de vivre la grossesse, certains vivent même un phénomène étrange : la couvade (forme de grossesse psychologique et symbolique par empathie du futur père qui se met à éprouver certains symptômes de grossesse : nausées, douleurs, stress…)

Alors que la femme se sent mère dès le projet de grossesse et vit une évolution vers la maternité, c’est au moment de la naissance que l’homme est quant à lui projeté dans son nouveau statut de père.

A la naissance, le père peut éprouver un peu d’appréhension au contact du nouveau-né, rassurez-le, encouragez-le mais sans le brusquer ! Suite à ce grand changement de vie, certains hommes vivent une crise d’identité paternelle, conséquence d’une grande pression qu’ils doivent affronter pour faire face aux attentes de leur femme et de la société dans leur nouvelle fonction. N’oublions pas qu’une naissance est source d’une grande émotion, y compris pour les hommes, et certains pères éprouvent des difficultés face à la complexité de ces sentiments ambivalents, n’en voulez pas à votre époux si il prend un peu de recul le temps de laisser passer cette vague émotionnelle ! Le baby blues au masculin existe, rare et encore tabou, il affecte pourtant l’homme(insomnies, perte d’appétit, comportement inhabituel voire état dépressif).

Certains pères se sentent exclus de la relation mère-enfant et peuvent même aller jusqu‘à éprouver un sentiment de jalousie (envers leur enfant ou leur femme)! Cela est d’autant plus vrai lorsque la mère allaite et que s’établi une relation privilégiée qui est d’ailleurs nécessaire au bon développement du nouveau-né. La proximité maternelle est primordiale et certains pères doivent accepter l’idée de ne pas être au cœur de cette relation.

Cette période fusionnelle ne durera que quelques semaines, voire quelques mois, bébé grandira, s’éveillera et se détachera de maman, la relation père-enfant se noue de façon progressive mais elle est présente dès la grossesse et la naissance.

L’importance du père.

Aujourd’hui nous savons l’importance de la participation du père à l’accouchement dans la relation qui s’établit avec son enfant mais aussi et surtout dans le soutien qu’il procure à sa femme, très vulnérable à ce moment.

Il est évident que dans un contexte d’accouchement traditionnel, la femme entourée d’autres femmes qu’elle connaît et dans un endroit familier se sent rassurée et n’éprouve pas le besoin d’une présence masculine (cela peut même être plutôt perturbant !).

Hors,pour la femme qui se retrouve sur le point d’accoucher dans un cadre hospitalier, dans un lieu et avec un personnel soignant qui lui sont inconnus, la présence masculine de son conjoint peut s’avérer être un élément sécurisant, confortant et encourageant pour elle. Une sorte de repaire !

Nous savons aussi à quel point le père peut avoir un rôle important, principalement en cas de césarienne, lorsqu’il est amené à prendre le relais auprès de son bébé pendant que la mère se fait dispenser les soins. Prenons l’exemple du peau à peau qui peut se pratiquer avec le père lorsque la mère n’est pas en état (lors d’une anesthésie générale par exemple). Le père peut tout aussi bien participer aux soins, dans le cas où la mère n’en a pas la possibilité, il est même préférable pour le bébé que ce soit son père qui le fasse, plutôt qu’un soignant qui lui est étranger.

Par ailleurs, le soutien du père lors des débuts d’allaitement est un soutien ESSENTIEL qui peut faire une grande différence dans la réussite du projet d’allaitement. Aider la mère à trouver une position confortable, lui caler quelques coussins, lui ramener sa bouteille d’eau, ou simplement l’encourager,sont des petits gestes qui sont très précieux.

Dans les premières semaines l’idéale serait que l’homme puisse se rendre utile en aidant sa femme dans les tâches quotidiennes afin qu’elle puisse se consacrer pleinement à leur bébé. Faire une vaisselle, passer un coup de balai, ou préparer un petit repas serait alors une façon pour le papa d’offrir à son enfant la possibilité de profiter du meilleur pour lui (sa mère !).

Le rôle du père n’en est pas moins important, c’est lui qui va apprendre doucement au bébé que l’on peut vivre des expériences agréable hors des bras de maman !La relation affective se créer aussi et surtout par le contact et les échanges quotidiens, en changeant la couche, donnant le bain, en racontant des histoires, chantant des berceuses, en faisant un massage et tout simplement en donnant un câlin ! Il est certain qu’un homme ne peut remplir la même fonction qu’une femme auprès d’un nouveau-né et que son rôle principal et de respecter et protéger cette harmonie mère-enfant, trouver le juste équilibre entre présence et soutien sans interférer dans cette relation est un véritable challenge pour ces nouveaux pères de l’ère moderne !

Quelques outils clés pour trouver un bon équilibre :

Discutez de vos projets d’accouchement ensemble ! Tenez votre époux au courant de tous vos souhaits (voix basse, peau à peau, allaitement, péridurale ou non, épisiotomie ou non…) le jour J si il est présent il pourra être le garant de la réussite de vos projets en exposant et défendant pour vous vos choix auprès de l’équ