Laurie Daniel

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Crédits photos : Marion Leuger, Oumayma El Amrani, Sara Chekhi, Laurie Daniel - tous droits réservés

Récit : nouvelle grossesse & aversion pour la tétée

Mon allaitement j’y tiens, j’y tiens au point que cette situation me rend malheureuse.

Mon fils a eu 2 ans en décembre.


Je suis tombée enceinte en novembre. Les tétées se sont modifiés à ce moment là... doucement les choses ont changé.


L’allaitement pour moi a toujours été une évidence, il n’a pas eu l’accueil que j’aurais aimé lui donner. Césarienne en urgence, pas de peau à peau et première tétée décalée plus de 12h après sa naissance.


Cet allaitement je me suis battue pour le garder, fatigue, engorgement mastite candidose...  la totale mais j’ai tenu bon accompagné par une consultante en lactation et mon mari. 


Ce fut les plus beaux moments de ma vie de maman... c’est devenu une fierté , ma fierté, notre fierté. Quel bonheur! Un shoot d’endorphine et d’ocytocine. 





Je partais sur un sevrage naturel, à l’initiative d’E. Et j’étais prête à attendre qu’il choisisse le moment pour arrêter les tétées, je me voyais co-allaiter. C’était une évidence, permettre ce lien lacté de fixer a jamais cette fratrie.

Durant les deux premiers mois, E. a délaissé le sein, préférant un lait chaud mais continuant des tétées réconfort. Mais durant le 3ieme mois, un sentiment bizarre et dérangeant me prenait pendant les tétées.

Au delà de la perte du plaisir et  de la douleurs que je mettais sur le compte de l’hypersensibilité de mes tétons liés à ce début de grossesse. Je ressentais une irritabilité, un refus physique à chaque tétée. J’attendais alors  le second trimestre avec impatience, sauf qu’il s’est passé l’inverse. L’inconfort  et l’agacement se sont  intensifiés .Je ne supportais plus ces moments que j’avais tellement chéri.

A peine le début de la tétée entamée je n’avais qu’une envie ç est qu’il arrête , je voulais le repousser, j’essayais d’y mettre de la douceur. La prise au sein devenait insupportable.

J’étais tiraillé par le besoin qu’il arrête et mon besoin de poursuivre l’allaitement. Mais le besoin qu’il stop était trop fort. 


J’étais tellement désolée de devoir lui refuser, écourter ou chronométrer les tétées mais je ne voyais pas comment faire autrement.

Un sentiment de honte et de culpabilité m’envahit. Que m’arrive t’il? Pourquoi je n’arrive plus à accomplir ce geste qui était mon quotidien ? Et cette grossesse ? Je ne l’avais pas envisager comme ça, pas au détriment de mon aventure avec E.

Je ne peux me faire à l’évidence qu’il va devoir entamer le sevrage. Et pourtant je ne vois pas d’autre issue. Je te demande pardon E.

 D’après mes recherches et la lecture d’autres témoignages. L’aversion pour la tétée est un sentiment courant. Il apparaît  à différents stades de l’allaitement sans raison particulière. Le corps dit stop. Il y’a cette espèce de dissociation entre notre envie et un besoin qu’on ne contrôle pas. Pour ma part après réflexion, la grossesse doit y être pour quelque chose, l’envie de me re-approprier mes seins même inconsciente doit être une des explications.


Actuellement, nous trouvons de nouvelles habitudes et les sentiments d’incompréhension et de tristesse se dissipent. 


E. a été exceptionnel de compréhension, me faisant des bisous pour guérir mes tétons ou acceptant d’autres alternatives (câlins, tétine). Parfois il réclame encore mais de moins en moins.

Le sujet de l’allaitement est vaste mais ce point est peut développer. Savoir qu’on est pas seule et que malheureusement rien n’est acquis permet de mieux accepter ces sentiments, de remercier ce qui a été et de savourer ce qui est.