Témoignage, déni de grossesse

Chaque déni de grossesse est unique mais tous sont très bouleversants pour la personne qui le vit et son entourage





Je vais me présente brièvement, j’avais 20 ans vivant toujours chez mes parents. J’étais en formation d’aides-soignantes, je travaillais à côté en tant qu’entraîneur de gymnastique et animatrice en centre aéré.

Une vie presque parfaite, malheureusement je fais partie des rares cas sur terre qui font des crises d’épilepsie lors du coït (pour ceux et celles qui ne savent pas se sont des malaises lors des rapports sexuelles). 

J’ai rencontré un garçon plutôt géniale vers mai au début j’étais bien avec lui mais je ne l’aimais certainement pas plus que ça car je me suis séparée rapidement de lui. Nous avions eu des rapports protégés comme toutes personnes. 

J’ai travaillé tout l’été en centre aéré donc nous étions souvent en maillot de bain.

J’ai toujours entraîné à la gymnastique des petites de 1 an jusqu’à 6 ans.

Je tiens à le préciser car cela est important.

Voilà ma présentation faite, je vais vous raconter mon histoire. 


J’ai commencé à m’inquiéter quand je n’ai plus eu mes règles pendant deux mois (août, septembre). 

Mon cycle a toujours été régulier en fin de moi j’avais mes menstruations qui dure toujours 7 jours. 

De quoi avoir peur d’être enceinte quand on ne les a pas pendant deux mois, le premier mois a vrai dire je ne me suis pas inquiété car souvent à cause du stress je n’avais pas mes règles. Et c’est vrai que j’avais de quoi stressé j’approchais de la date de mes concours. 


 Mais au deuxième mois, en septembre je commençais à m’inquiéter. De plus ma mère  et une de mes tantes me taquinaient sur le fait que j’étais peut-être enceinte car je mangeais beaucoup mais elles finissaient toujours par dire mais non on rigole. J’ai quand même voulu vérifier pour me rassurer et rassurer mes proches, car pour moi être enceinte c’est inenvisageable tant que je n’avais pas une situation professionnelle stable, une voiture et un logement. J’ai donc acheté en magasin un test de grossesse qui c’est révélé négatif.


Du coup arrivé vers fin octobre j’ai reparlé avec ma mère sur le fait que je n’avais toujours pas mes menstruations, elle a alors décidé avec mon père d’aller me cherche un test de grossesse. 

Mon père est allé à la pharmacie a demandé à une pharmacienne un test de grossesse. 

Je l’ai effectué et pour être sûr que j’avais bien lu, ma mère a vérifié est lui aussi était négatif


J’ai eu deux tests de grossesses négatifs.


Quelques jours ont passé, toujours aucune nouvelle de mes menstruations, je décide de prendre rendez-vous avec mon médecin traitant qui me suit depuis mes 10 ans et avec qui je suis très à l’aise, il sait que j’ai souvent des problèmes de constipation, que j’ai eu un purpura trombopenique idiopathique (pour ceux et celles qui ne connaissent pas se sont des chutes de plaquettes)


Arrivé le jour du rendez-vous, mon médecin traitant me demande ce qu’il peut faire pour moi, je lui explique ma situation: 

Je lui dis

- " je veux faire un bilan complet car ça fait deux mois que j’ai pas eu mes menstruations, j’ai fais deux test de grossesses qui sont négatifs et j’ai re des problèmes de  constipation. Mais aucune douleur.” 

Il me dit “ Très bien" et commence à ausculter le ventre il ne sent rien. Ma tension et mon pouls était comme à d’habitude” 

Il me dit “Bon je te prescrit un bilan sanguin et une échographie du bas ventre au cas où” 

Je lui demande “S’il a bien mis pour tester HCG.”

Il me dit “ Mais tu n’as pas de rapport à risque et ton dernier rapport date de quand ?” 

Je lui dis “ Sait-on jamais, en plus il date de fin août.” 


Il me dit “ Effectivement vaut mieux vérifier” 


Je vais le lendemain matin faire la prise de sang, j’attends les résultats qui vont être transmis dans la journée. J’avais donné les codes à ma mère pour qu’elle regarde et que s’il y a les résultats qu’elle m’appelle. 

J’avais peur même très peur, car je ne savais pas comment cela aurait pu arriver, mais ça arrive tellement souvent les accidents. 


Ma mère m’appelle, je n’osais même pas répondre de peur de la réponse, j’avais bien raison d’avoir peur car elle me dit clairement que c’était positif

J’étais complètement perdue, mais je lui dis mais je vais faire quoi moi, je fais comment pour avorter je veux pas d’enfant. 

Elle me dit il faut que j’aille voir aux urgences. 


Elle demande à une de mes grandes sœurs de m’accompagner. 


Ma grande sœur m’a rejoint a l’hôpital, on attend dans la salle d’attente notre tour, je stressais vraiment beaucoup. 

Arrive à mon tour, la gynécologue me demande ma situation: “ Je lui explique bien que j’ai fais deux test de grossesses qui étaient négatifs, que sur la prise de sang il m’ont dit que c’était positif et que je veux avorté”

Elle me demande “ Mon dernier rapport” 

Je lui dis “Fin août” 

Elle me dit “ d’accord, on va procédé à lors à l’examen gynécologique, elle me demande si j’avais déjà vus une gynécologue” 

Je lui réponds “oui une seule fois “ 

Elle me dit “ d’accord alors installe toi sur le fauteuil, elle me dit qu’elle va faire un toucher vaginal puis une échographie vaginale” 

Je lui réponds “D’accord “

Elle me dit “ Tout va bien pour le toucher vaginal, je vais procéder à l’échographie vaginale” quelques  instants après elle me dis “ c’est bizarre je ne vois rien” 


Elle me dis on va faire une échographie, elle passe avec sa sonde sur mon ventre. Je la vois en émerveillement devant son écran et elle m’annonce

Mais vous êtes enceinte, en plus c’est un gros bébé là, il est bien formé.”


Je reste choquée je deviens toute pâle, ma sœur ne sait plus trop quoi dire. 

Elle nous montre alors à l’écran en face de moi le fœtus que j’étais incapable de voir. 

Je pleure et m’enfonce doucement dans le fauteuil j’étais effrayée et en larmes. 

Elle me dit “ que je suis à 5 mois de grossesse presque 6 mois que je n’ai pas le choix que d’aller au bout de ma grossesse car en France j’ai dépassé les délais légaux d’avortement ” 

Elle a dit pleins d’autres choses importante que mon cerveau était incapable d’entendre et enregistrer. 


Ma grande sœur a expliqué à mes parents, eux aussi étaient sous le choc.

Je l’ai dit au garçon concerné (“du mois de mai “) que j’étais enceinte de lui, il ne m’a pas cru.


Il m’a re contacter pour savoir ce que je voulais faire et il m’a clairement fait comprendre que je ne devais pas compter sur lui.


Dans ma tête je réfléchissais et personne n’avait vu ma grossesse j’ai passé mon été en maillot de bain personne n’avait vu. Je voulais avorter et ce n’était pas possible. 


Mes grandes sœurs et mes parents m’ont aidé pour trouver une solution pour que je puisse avorter, nous sommes allés en Espagne 3 jours après avoir sus que j’étais enceinte nous sommes allés pour que je puisse avorter, arrivé à la clinique l’infirmière m’examine et puis me dis je reviens, j’attends et elle revient me voir pour m’expliquer que ce n’est pas possible que les tailles dépassent de 0,1 mm et que ce n’est pas légal. 

J’ai mis longtemps avant d’en parler aux personnes autour de moi, j’en ai parler en premier à mon petit ami (“du mois d’août”) qui m’a laissé. 


J’ai donc du apprendre à vouloir un enfant, car pour moi ce n’était pas envisageable “d’abandonner” le bébé.

J’ai été suivie par une très bonne sage femme, suivie par une psychologue au top, j’ai suivie des cours de pilate et de piscine qui m’ont beaucoup aidé aussi.


J’ai entrepris de mon côté pour accepter ma grossesse des challenges, par exemple parler une fois à mon ventre. 

Au fur et à mesure je me sentais un peu plus à l’aise.


J’ai parlé au mois de janvier à des personnes proches de moi que j’étais enceinte seule quelques-uns sont restés dans mon entourage les autres sont partis.


Arrivée le jour de l’accouchement environ 3 mois après l’annonce,car elle est née en avance le 09 février 2020 au lieu du 25 février 2020. 


Pour l’accouchement je n’ai pas voulu de péridurale car je savais que j’avais besoin de ressentir le moindre mouvement et avancement pour réaliser que j’étais réellement enceinte.

J’avais demandé à la sage femme d’attraper ma fille et puis au moment venu quand elle m’a dit c’est bon elle est là, attrapez la, les seuls mots que j’ai prononcé sont: “c’est quoi ça “ 

Je n’avais pas réalisé, ma mère et ma sage femme m’ont dit c’est ta fille. Et je l’ai prise.


J’ai prévenue de sa naissance au garçon (“du mois de mai”) depuis il m’a bloqué de partout et je n’ai de nouvelles de lui. 


Au début je faisais les soins par obligations de faire je ne lui parlais pas du tout, ma famille lui parlais. 

J’ai eu beaucoup de haut et de bas, et énormément d’incompréhension, je ne comprenais rien de ce qu’elle voulait. 


C’était compliqué pour moi car j’avais l’impression que tout le monde la comprenait sauf moi, j’en étais devenue jalouse de toute les personnes qui s’occupaient d’elle car j’avais l’impression qu’il faisait mieux que moi. 


Avec du recul je me rappelle d’une seule personne qui m’a dis que j’étais enceinte depuis le début c’était une petite que j’entraînais à la gymnastique elle avait 5 ans et elle me répétait toujours que j’avais un enfant ou que j’étais enceinte. 

Et il y a également un voyant que j’ai consulté qui m’a dis mais vous êtes pas enceinte c’était en fin septembre. 


C’est mon histoire. 


Anonyme. 


Laurie Daniel

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