• Laurie

Témoignages de PMA

Procréation Médicalement Assistée

Faire un enfant peut se révéler ne pas être aussi facile que ce que l'on avait imaginé...

3 femmes nous livrent leur histoires...touchantes, poignantes, pleines d'espoirs et de suspense...



L'histoire de Jade

Je me présente je suis Jade (lananakoala sur insta !), j'ai 30 ans et je suis passée par un parcours PMA de 4 ans avant d'être maman.

Mon conjoint et moi étions ensemble depuis 4 ans quand en 2014 nous avons décidé de tenter l'aventure de la parentalité ! Moi toute seule je n'avais pas de désir impétueux d'être mère mais je souhaitais avoir un enfant avec Damien. C'est cet amour qui m'a fait arrêter la pilule et qui a laissé s'installer l'espoir d'une grossesse.


6 mois se passent avec des cycles quasi inexistants. Ma mère ayant souffert d'endométriose j'étais assez alerte vis à vis de mon corps. Un 1er examen sanguin révèle que j'ai une insuffisance hormonale qui induit que mes ovulation ne sont pas efficaces (ovulation "à blanc"). J'entame alors un traitement médicamenteux pour provoquer de meilleures ovulations et avoir un cycle plus régulier. Je reste 2 mois sous ce traitement et je change de gynécologue pour consulter un spécialiste de la PMA. Ce dernier confirme les examens et me pousse à continuer les médicaments pendant 6 mois supplémentaires.

Plus les mois passent, plus mes règles sont douloureuses. J'ai commencé la pilule à 15 ans alors je ne connaissais pas vraiment les vraies sensations de mon corps. Je me dis que c'est le traitement hormonal alors je ne dis rien. Quand les douleurs me mettent littéralement en incapacité de bouger, d'aller au travail, de dormir je commence à en parler à mon gynéco. On arrive au terme d'une année d'essai bébé sans rien d'autre que des douleurs insupportables. Je passe alors une IRM qui révélera une endométriose rectale de stade 2. Je me fais opérer 2 mois plus tard puis mon médecin, confiant, me laisse 6 mois pour une grossesse naturelle. Si j'ai eu de l'espoir les 1ers mois, je plonge petit à petit dans une attente interminable. Je ne pense qu'à ça. Je ne vis qu'à travers cette grossesse qui ne vient pas quand toutes mes connaissances autour de moi commencent à pouponner.

Au terme des 6 mois, Damien et moi entrons dans le vif de la PMA en commençant un protocole d'IAC (insémination artificielle avec sperme du conjoint). Le traitement m'impressionne car je dois me piquer dans le ventre toute seule, suivre un calendrier bien précis, faire des prises de sang plusieurs fois par semaine... Impossible d'être serein quand tout le quotidien doit s'organiser autour de la PMA. Cette PMA devient le centre de nos vies, je commence à la haïr autant qu'elle est mon seul espoir.


Vient le jour de l'insémination. Je pleure dans la salle d'attente en allant chercher le prélèvement que Damien aura fait à l'aube le jour même. Je me dis qu'on fait quelque chose d'irréel. Mais je suis là, chez mon gynéco, et j'ai envie d'y croire. 15jours plus tard j'ai mes règles,encore un échec. On entame alors le protocole pour une 2ème IAC avec des doses plus fortes d'hormones. Je suis suivi de près par mon gynécologue et après 10 jours d'injections il se rend compte à l'échographie que le traitement ne fonctionne pas. On arrête sans même aller au bout du protocole. La seule solution est de franchir une nouvelle étape et de passer à la FIV.


Je suis effondrée par cette nouvelle. En fait cela fait des mois que je suis à bout et à ce stade je commence à réfléchir à une vie sans enfant. Avec mon conjoint on passe par des phases de grand soutien à des moments où je lui hurle de me quitter pour qu'il devienne père avec une autre. La PMA nous bouffe la vie.

Après une pause de plusieurs mois nous nous sentons prêts pour la FIV. Le protocole est lourd et les effets secondaires aussi : migraine, prise de poids, douleurs... Je ne supporte plus de me piquer plusieurs fois par jour mais je n'ai pas le choix. Mes ovocytes sont toujours aussi fainéants, le protocole s'allonge pour les laisser pousser encore un peu plus. Puis vient le jour de la ponction. Damien passe d'abord pour son prélèvement puis je pars pour une anesthésie générale. Dans le couloir je fonds en larmes, seule sur mon brancard. J'ai froid et je me dis que ce n'est pas normal, que ce n'est pas comme ça qu'on fait un enfant. Au réveil je sens dans mon bas ventre que ça a tiré. Le résultat de la ponction est de 4 ovocytes matures, un "score" assez faible. Nous sortirons de cette FIV avec 2 ovules fécondés. Nous en faisons congeler 1 et le 2ème m'est inséminé à J+5 (phase blastocyste). Maintenant je vis ce qu'on appelle "la couvade", cet entre-deux avec un embryon implanté mais sans aucune certitude d'accroche. 9 jours après le résultat de la prise de sang sera positif mais avec un taux bien trop faible pour une FIV : c'est une fausse couche précoce. Je laisse passer les mois pour mettre mon corps et mon cœur au repos. Après coup je pense que j'étais en profonde dépression mais on se prend au jeu de la PMA : vouloir avoir raison d'elle.

Une fois prête nous entamons le protocole pour le TEV (transfert d'embryon vitrifié). Le gynéco décide de me mettre sous ménopause artificielle afin d'avoir un terrain propice au transfert. Cela se traduit par une injection supplémentaire par jour, encore un bleu de plus sur le ventre, encore une aiguille à enfoncer dans ma chair pour avoir peut-être un enfant. Sans parler des effets secondaires de la ménopause. 15 jours après le début du protocole on fait le transfert de cet embryon J+6 et 8 jours plus tard j'ai mes règles.

Je sombre de plus en plus, aller au travail est un supplice car toutes mes collègues sont enceintes, les réunions de famille avec enfants sont un calvaire. Je m'isole, je ne vois plus mes amies mères ou enceintes. Et parfois j'ai même envie d'en finir. Avec Damien nous prenons une décision : la 2ème FIV sera la dernière.

Rebelote, protocole de ménopause artificielle puis stimulation ovarienne à un taux assez élevé. Même mon médecin joue le tout pour le tout ! La stimulation est prometteuse et il estime une ponction de 12 ovocytes ! Le jour tant attendu arrive, je suis ponctionnée. Au réveil le couperet tombe : 1. 1 seul ovocyte mature. Je m'écroule en larmes, l’infirmière n'arrive pas à me consoler. Je connais les statistiques, je me dis que c'est fini.

Le lendemain le laboratoire m'appelle pour me dire que l'ovocyte a été fécondé. C'est incroyable ! Mon gynéco préfère me le transférer à J+3 de sa maturation. A ce stade, les risques de décrochages sont de 90%. Je repars du transfert avec déjà l'impression de couver le deuil d'un enfant biologique.

Le 19 Décembre 2017 je fais ma prise de sang. Mon taux est à 157. Je suis enceinte. En PMA on apprend à ne pas se réjouir trop vite. Tous les matins j'ai peur et tous les soirs je me dis que cette nouvelle journée sans fausse couche est une victoire. J'ai vécu mes 8 mois de grossesse dans cet état d'esprit.


Aujourd'hui je suis la maman d'une merveille de petite fille et même si je hais cette PMA qui a vampirisé ma vie je lui dois tout.

Voilà les grandes étapes de mon parcours, j'aimerai ajouter que le poids de la société est un fardeau supplémentaire dans ce parcours du combattant ("c'est pour quand ?" "tu y penses trop" "je connais quelqu'un qui...").

Merci de m'avoir lu, j'espère que ce témoignage répondra à ta demande, je souhaite que tous les couples, toutes les femmes en PMA vivent un happy end quelque soit la forme qu'il a.


Jade



L'histoire de Celine



Du plus loin que je me souvienne j'ai toujours adoré les enfants et surtout les bébés. Mais ça c'est quelque chose qui arrive à beaucoup d'entre nous, rien d'extraordinaire. Je suis en couple depuis 15 ans avec un homme qui est désormais mon mari depuis 6 ans. Nous vivrons bien trop jeune une grossesse qui n'a pas encore sa place et qui se termine en ivg. Un moment dont je me souviens encore tant d'années après. Je pense que l'on oublie jamais vraiment. Nous avions envie de cet enfant mais il fallait être raisonnable, nous en étions encore nous même et il n'était pas question de le garder même si cela a été un choix horrible. Des années plus tard je n'aurais jamais imaginé avoir du mal à avoir des enfants, alors que je me souviens encore des mots de la gynécologue qui m'avait rencontrée pour l'ivg : "vous êtes hyper fertile, il fallait faire attention." Nous avons mis un pas proche de la pma pour la première fois en 2013. Après un an d'arrêt de mon moyen de contraception nous avons rencontré un gynécologue pour faire un point, il aborde vaguement le sujet de la pma. Des examens basiques, et deux rendez-vous plus tard nous avons commencé un traitement dont j'ai totalement oublié le nom, qui s'est révélé concluant. Après un seul petit mois j'étais enceinte, le bonheur absolu. Jusqu'à l'impensable. Avril 2014: Nausées, douleurs et perte de connaissances me mènent à l'hôpital où, après m'être battu avec l'infirmière de tri pour qu'elle accepte de prendre en compte ce que je lui dis, je termine au bloc opératoire. Grossesse extra utérine. Ablation d'une trompe. Perte de ce que je pensais être mon bébé et d'une trompe en plus de cela. Le choc est difficile à encaisser mais nous remontons la pente. 2015: On commence la pma, la vraie, la dure. Début avec juste stimulation, puis après on est passé aux insémination artificielle puis aux fiv et enfin aux fiv icsi. Au total 4 iac negative, 3 cycles complet de fiv, seulement 3 embryons viable et aucun n'aura réussi à s'accrocher à moi. Notre dernière tentative aura lieu en décembre 2017. Un énième résultat négatif la veille de Noël. En 2018 nous partons vivre au Maroc pour le travail de mon mari, une mission entre 1 et 3 ans.

La fatigue, le stress, les répercussions sur notre vie de couple, le travail, mes sentiments, ma santé finissent par nous envoyer un message énorme et en gras : faites une pause. Le Maroc sera notre pause pma. On prendra l'air, on pensera à autre chose, j'arrêterai de calculer mes cycles, de faire des injection à heure fixe, d'avoir des rapports avec mon mari programmé par la gyneco. La vérité c'est que l'on oublie jamais de calculer son cycle, on regarde toujours où il en est après avoir fait l'amour, on espère toujours dès que l'on a une heure de retard sur l'arrivée de nos règles. Et un jour, sans que j'arrive à vraiment y croire, j'ose faire cet énième test de grossesse. Le 17 octobre 2018, la veille des 30 ans de mon mari, il est là. Ce test est positif, pour de vrai, la prise de sang le confirme, la gynécologue et l'échographie aussi. Aujourd'hui nous sommes le 29 septembre 2019 et mon fils fête ses trois mois avec une énorme tétée pendant que j'écris ses mots. Ne pas perdre espoir, toujours y croire, et se dire qu'un jour nous aussi on aura cette chance inouïe qu'un petit être nous offre assez de confiance en nous pour se loger dans nos vies. Je n'oublierai jamais nos années pma, et nous y reviendrons peut être un jour. Alors merci la médecine et merci la vie.



L'histoire de Eva




Enfin mariés, notre plus grand désir fut de fonder notre famille! C’est donc naturellement qu’aucune contraception n’était au programme. L’excitation était à son comble, premiers mois on se dit c’est pas grave ça sera pour le prochain, puis 6mois, 1 an, 2ans. Seules les mamans qui sont passées par là peuvent comprendre la douleur ressentie face à ce test de grossesse négatif : le néant , rien , le vide et une douleur qui prend aux tripes. Nous décidons de faire des tests. En France des qu’il y a un soucis , allez savoir pourquoi c’est la femme qui commence une batterie d’examens, même pas la possibilité que ça puisse venir de monsieur fut évoquée. Alors au bout de 4 mois j’ai exigé un spermogramme : bingo ça venait de lui, nous ne pouvions pas avoir d’enfant sans fiv.

Ce fut paradoxalement la meilleure des nouvelles! Nous savions enfin ! Le verdict était là et venait balayer tous les scénarios! Alors oui ça allait être long et compliqué, mais nous avions la solution et grâce à Dieu par le biais de la PMA nous allions avoir notre enfant.

Je me suis documentée comme jamais sur les examens les rdv et j’ai exigé la rapidité nous avons tout enchaîné tout bousculé et sachez qu’entre le premier rdv en PMA Et notre première FIV il s’est écoulé 3 mois , 3 petits et minuscules mois nous étions excités pendant tout le parcours et à chaque étape!

Un peu moins pour mon mari qui avait du mal à accepter mes piqûres et que ce soit moi qui subisse cette anesthésie générale. Mais pour moi l’épreuve était ridicule à côté de ce qu’on allait recevoir. Première fiv 13 ovocytes 9 fécondés et 7embryons. Elle a marché du premier coup. Mon fils a deux ans et nous avons encore 6 embryons congelés. Nous sommes si heureux et si reconnaissants! Voyez ça comme une porte ouverte et non comme une barrière, vraiment. Osez consulter osez vous documenter osez pousser les portes ça en vaut le coup!

Laurie Daniel

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Crédits photos : Marion Leuger, Oumayma El Amrani, Sara Chekhi, Laurie Daniel - tous droits réservés