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Laurie Daniel

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- Soutien & accompagnement de la grossesse et du post partum Auxiliaire de puériculture

Crédits photos : Marion Leuger, Oumayma El Amrani, Sara Chekhi, Laurie Daniel - tous droits réservés

Chères mamans, vous êtes nombreuses à vouloir reprendre l'allaitement après une période plus ou moins longue d'arrêt.

Ainsi j'ai créé cette page en supplément des conseils que je vous ai prodigué lors de nos entretiens. Vous y trouverez des images, des vidéos, des recommandations officielles pour procéder de façon optimale et réussir votre projet !

La relactation c'est quoi ?

La relactation est le processus permettant de reprendre l’allaitement après un sevrage datant au plus de six mois. Au-delà de six mois, il s’agit plutôt d’une lactation induite, même si l’on peut penser qu’elle est probablement facilitée par la grossesse encore relativement proche.
De nombreuses mères décident de ne pas allaiter leur bébé ou arrêtent leur allaitement bien plus tôt que ce qu’elles avaient prévu, et ce pour de multiples raisons : stress, douleur, reprise du travail, prise d’un médicament, maladie maternelle, mauvaises informations conduisant à un échec d’allaitement, etc. Souvent, avec le temps qui passe ou les circonstances qui changent, elles peuvent regretter leur décision et se demander s’il n’est pas possible de revenir en arrière.
Une des demandes de relactation les plus fréquentes correspond au cas du bébé qui ne supporte pas le lait industriel et fait une réaction allergique nécessitant une hospitalisation.
Comme pour l’induction d’une lactation, savoir que c’est possible est fondamental.
Dans une étude, les dossiers d’environ un millier de mères s’étant présentées en consultation avec un bébé de moins de 6 semaines ont été analysés. Les mères avaient cessé très précocement d’allaiter, ou n’avaient pas réussi à démarrer un allaitement pendant leur séjour en maternité. Les bébés et les mères qui étaient malades étaient exclus de l’étude.
Ces mères ont bénéficié d’un soutien et d’un suivi pendant les dix premiers jours de relactation. 91,6 % d’entre elles ont réussi à relacter pendant les dix jours du suivi : 83,4 % allaitaient exclusivement, et 8,2 % partiellement. 8,4 % des mères n’ont pas réussi à relacter parce qu’elles ont dû être hospitalisées pour diverses raisons.
Les auteurs concluaient qu’il est la plupart du temps possible de réussir à relancer la lactation chez des mères dont le bébé est âgé de moins de 6 semaines et qui ont présenté de très importants problèmes d’allaitement en post-partum précoce. Aider les mères à mettre correctement leur bébé au sein semblait être le point le plus important pour le succès de la relactation.

Comprendre la relactation :

Une production de lait en quantité suffisante dépend essentiellement du développement des cellules sécrétrices de la glande mammaire, de la sécrétion de lait par les cellules sécrétrices, et de l’extraction de lait du sein.
Le développement de la glande mammaire se fait essentiellement pendant les cinq premiers mois de la grossesse, sous l’influence de la prolactine mais aussi de la progestérone, de l’œstrogène et des hormones de grossesse. Mais il a été montré que la prolactine seule peut permettre de développer les glandes sécrétoires, même en l’absence des autres hormones.
Il est intéressant de rappeler que la prolactine et l’ocytocine, les deux hormones qui sont responsables de la lactation, sont produites par la glande pituitaire et non par les ovaires, donc non nécessairement reliées à la grossesse et à l’accouchement.
La prolactine, l’hormone qui produit le lait, et l’ocytocine, l’hormone qui libère le lait, répondent toutes deux à une stimulation du mamelon. Cette stimulation peut être faite de différentes façons : par le bébé bien sûr, mais aussi par l’expression de lait, soit à la main soit au tire-lait.
Pour les mères adoptives, la stimulation des mamelons, en augmentant la prolactine, aura donc une double fonction : dans un premier temps, permettre le développement de la glande, et ensuite permettre la sécrétion de lait.
Extraire le lait (par le bébé ou au tire-lait ou à la main) le plus souvent possible est également indispensable pour augmenter la production. Or cette extraction repose sur une autre hormone, l’ocytocine, qui répond aussi à la succion. On sait que cette hormone est très sensible au climat émotionnel de la mère, d’où la nécessité d’être bien entourée et de se faire confiance.
En résumé, la physiologie permet de comprendre plusieurs éléments fondamentaux :
– établir la production de lait par une stimulation suffisamment fréquente des seins (dont l’objectif chez la mère adoptive sera dans un premier temps de développer la glande et non de produire du lait),
– le comportement du bébé et sa coopération à la mise au sein : le peau à peau et une très grande proximité vont lui permettre de trouver ou retrouver le chemin du sein,
– un climat émotionnel positif facilitant l’écoulement du lait produit : le stress peut garder le lait « captif » dans les alvéoles, diminuant ainsi la production de lait.

Se préparer :


Pour une relactation, la préparation peut être très courte et permettre dès les premières mises au sein que le bébé soit gratifié par un flot de lait.

En attendant que le bébé tète, la mère devra bien sûr tirer le lait elle-même.
Cette situation est souvent difficile à vivre et demande une grande patience. Elle ne signifie pas, et c’est important de s’imprégner de cette idée, que le bébé refuse sa mère, mais qu’habitué au biberon, il ne sait pas quoi faire du sein.
Beaucoup de contacts peau à peau et de proximité totale, une proposition du sein avant que le bébé pleure et soit trop énervé pour coopérer, pas de sentiment d’urgence, sont les meilleurs moyens pour sortir de cette situation. Mais là aussi le délai est très variable.

Stimuler la lactation :

Cette stimulation peut être faite de plusieurs façons : soit manuellement, soit à l’aide d’un tire-lait. Dans tous les cas, commencer par un massage doux de l’ensemble du sein et de l’aréole afin de déclencher le réflexe d’éjection.
Tirer le lait manuellement est un moyen simple et économique, qui ne nécessite aucun matériel. Cela demande un certain coup de main : pouce sur l’aréole et autres doigts au-dessous, sans bouger les doigts, presser doucement l’aréole, puis tourner les doigts autour du sein et recommencer de façon rythmique.
Tire-lait : il est plus commode, vu le temps investi, d’utiliser un tire-lait électrique à double pompage (sur les deux seins en même temps) qui se loue en pharmacie ou auprès d'un loueur de matériel de puériculture. Mais le choix du tire-lait se fait aussi en fonction de la situation.
De toute façon, plus la stimulation sera fréquente (huit à quatorze fois par jour) et inclura aussi une séance d’expression la nuit, meilleurs seront les résultats. Bien sûr, chaque mère doit évaluer ce qu’elle peut faire en fonction de ses objectifs et du temps dont elle dispose.
Il est aussi très important de ne pas avoir d’attente de résultats, car il peut se passer un temps très variable d’une mère à l’autre avant que ces stimulations permettent d’extraire du lait.

Programme de tirage !

1) Massez vos seins (ou appliquer de la chaleur)

2) Tirez votre lait :

Avec un tire lait simple pompage ou manuel :  4 fois par jour,  tirez  pendant une heure en alternance 10 minutes chaque sein

Avec un tire lait double pompage : Tirez 4 fois par jour, 20 minutes puis une pause de 10 minutes puis tirer 10 minutes encore une pause de 10 minutes puis dernier tirage de 10 minutes.

OU : tirez 20 minutes toutes les 45 minutes (10 minutes + 10 minutes de compression manuelle avec ou sans tire lait)

A faire pendant 3 jours minimum

Le résultat est encore meilleur si vous ajoutez un tirage la nuit entre 1h et 5h, c'est là que le tau de prolactine augmente !

Essayez de mettre bébé au sein !

La première chose à faire est de proposer le sein au bébé et de voir sa réaction. Certains bébés vont accepter le sein tout de suite, ce qui bien sûr facilite beaucoup les choses. Dans ce cas, des mises au sein les plus fréquentes possibles, et dès que le bébé manifeste des petits signes d’éveil, vont être un stimulant très puissant de la lactation. Une fréquence de huit à quatorze fois par jour est l’optimum.
Garder son bébé peau à peau le plus souvent possible et vivre en proximité jour et nuit pour favoriser le démarrage, la réponse à tous les signes d’éveil et l’apprentissage de la succion.
Donner les deux seins, en changeant dès que l’on sent que bébé ne déglutit plus, et en revenant ensuite au premier sein tant que le bébé accepte de téter.
Compresser le sein sans se faire mal quand le bébé ne déglutit plus, du haut du sein vers le bébé et de façon rythmique, pour faciliter l’écoulement du lait.
Il n’est pas suffisant qu’un bébé accepte de prendre le sein dans sa bouche, même si cela est un signe très encourageant. Il faut aussi s’assurer qu’il tète avec efficacité. Pour une bonne position du bébé et une bonne prise du sein en bouche, le bébé sera enroulé contre soi, ventre contre ventre, le menton dans le sein, la bouche grande ouverte, les lèvres éversées, les joues bien rondes, la lèvre inférieure plus près du mamelon que la lèvre supérieure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir ici les conseils pour une bonne tétée

Vous pouvez vous installer dans la position d'allaitement naturelle : le biological nurturing, cette position favorise l'allaitement et le contact corps à corps et peau à peau entre le bébé et maman, très important lors de l'allaitement. les règles d'une bonne position sont toujours les mêmes :

Ventre contre ventre, grande bouche, mamelon au niveau du nez du bébé, maximum de mamelon + aréole en bouche, maman et bébé détendue, pas de tensions ni de douleurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eviter toute sucette et biberon qui n’aident pas le bébé à téter avec efficacité. Ceci ne veut pas dire bien sûr que l’on ne nourrit pas le bébé en plus des tétées, mais que l’on utilise d’autres moyens pour le nourrir : tasse, seringue, dispositif d’aide à l’allaitement (voir plus bas)…
On peut aussi, dans ce cas-là, proposer un dispositif d’aide à l’allaitement (voir plus bas) qui va associer sein et lait dans la tête du bébé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir ici les différentes techniques pour donner le lait à un bébé sans perturber sa succion

La démarche de relactation peut à première vue paraître très compliquée et « peu naturelle ». Mais il est important de comprendre qu’une mère peut garder des regrets définitifs et très douloureux face à un échec précoce, un non-choix d’allaitement ou une adoption.
La relactation à la suite d’une grossesse est plus facile que la lactation induite sans grossesse, mais les accompagnements médicamenteux (comparables, dans leur logique, aux traitements d’induction de grossesse) paraissent ouvrir de nouvelles perspectives pour le futur, et sont déjà expérimentés ailleurs qu’en France.
Je n’ai tracé là que les grandes lignes, mais il n’y a pas de modèles standards et chaque situation est particulière. Chaque mère devra définir ses objectifs avec réalisme, et en ne se fixant pas de date pour obtenir des résultats.
La situation nécessite la plupart du temps un accompagnement par une personne expérimentée et compréhensive, et un environnement familial soutenant.
Et à tout instant, il est important de se rappeler que toutes les mères qui témoignent parlent des bénéfices immenses qu’elles ont eus à retrouver le chemin de leur compétence à allaiter leur bébé, et ce quelle que soit la quantité de lait qu’elles ont réussi à obtenir : la relation d’allaitement, c’est bien plus que nourrir son bébé.

Sources : la leche league, feuillets du Dr Newman , feuillets OMS